Je ne commencerai jamais aucun texte en te nommant, mon amour, ou jugeant avec envol de ma capacité lyrique. Le seul encol, le seul pli qui sortira de cette bouche amenuie sera le voyage d'une étoile éteinte, pour cause d'enlèvement. Ce kidnapping héréditaire qui, dans ma vie, m'eut été des rigoles sans valeur, des passions sans voiture, tout un lac assoifé d'éclairs naturels.
Ne te commençant, la bougie sur le nez, m'éternuant le doute au champ d'elle, poivrant l'horizon de potages sans soupçon de vérité, tu délieras la langue de mon texte, sans réponse, vers l'angoisse du non-dit.
Belles amours sans passion!
O mes mères fortuites!
Que s'évapore, que se condamne
Mes rites réalistes, ma peur d'utopie!
Et le sang sous l'aile roule en sueur
Comme on boit l'amertume: Avec la langue du désir.
Nous pouvons l'avouer avec l'oeuvre ateinte, le poëte animé n'est que l'arme sans tranchant d'une bataille déjà passée. Les tourments sont difficiles à vivre mais si simples à cacher, propulsés en coups de masse vers le rayon unique d'un soleil avoisinant. Et l'on parle, et l'on parle, sans écrire, songeant que le soliloque physique avec la chair de l'autre est un massage essentiel, qu'il bénit la morosité de la solitude. Mais le flanc des femmes n'est pas seulement qu'un bain pour les oiseaux alcooliques ; il est aussi le cercle ouvert, métallique, s'encombrant d'une eau bénite, d'un miroir pour le sexe, et pour le visage de la honte.
N'est heureux que le sot
Qui ne baigne son désir
Qu'au flanc des vanités savoureuses.
C'est par contre inexact que je renie l'apréciation de ta chair. Cela propose en mes temporalités l'acceptation de mon autisme avantageux: Tout poëte est autiste, n'est que femme pour juger de ce mensonge.
Et l'on songe, l'on songe, en démense, au résultat des hasards de l'amour. Quel est ce rôle dialogal qui insiste tant à repenser? L'histoire est écrite, réécrite, l'on vient et revient entre nos cris... Mais tout est oublié lorsque le nouveau gémissement engorge la mémoire. l'histoire de la honte, l'histoire de mon corps ne s'écrira jamais. Elle s'est effacée d'oreste en plongeant queqlues instants dans ton sein.
Et je songe, et je songe
En démense
À respecter ce corps sans écriture
Ne s'armant qeu d'un glaive trop en vie
S'amenant d'impossible.
Ce dédale est subtil, évidemment, ça ne se chante, ça ne se chausse, ça ne fait que s'épuiser. Alors je penserai à t'ajouter quelques véraisons sentimentales à ce texte massacré. Des feuilles de vignes, des gousses de miel, du timbre de clef, chaque saison pour un membre valgus. Que désires-tu? Des bombes d'amitié? Je fournirais des guerres d'amour, de longues siestes chaudes à ton coeur délectable ; en gestes si lents, le temps finirait par croire que je veux te faire fondre les cheveux en faïence précieuse... Caressés, ta nuque, tes pieds, la lippe, la cuisse dextre, celle qui crépite aux cloches de la nuit. Glauque épave que ton corps, un navire de chair gloussant son bois d'oeuvre, ses fourrures sauvages, ses matelots balbutiant:
"Hécatombe ! Hécatombe !
Deux amours ! Deux amours !
Abordage à bord d'âge !"
Si tu n'est pas contente, si l'aspect grec de la danse, de l'hexamètre ne te conduit qu'en déroute, eh bien, je fermerai l'encre en portes de pluie. Les valves en épitre, n'ayant pu s'engendrer que les briques liquides de mon fleuve déréel. Que valse le refus, le refus dis-je aussi piètre que l'égo ou l'orgueil. Écrasant ton m'Égo au cendrier de mon oeil, je ne cesse de voir les cendres du désir, s'attisant entre elles, se nargant de la moralité. Que veux-tu?
"Je t'aime ou tu m'allumes?"
Les fièvres que nous lumes
À l'aisselle du pardon
N'est qu'un globe partiel:
Une demi sphère qui s'ellipse
Sans crier gare.
Tout ça casse, ne s'est cassé, continue à mentir par le torse en cristal. Je te vois de travers, par dessus l'esplanade: C'est l'horizon aviné, trahi, je te veux, galbe! Mais je te veux, port! Arrime à moi l'étendue de ta gêne envers l'humanité, que nus philosophions sexuellement au livre nommé "Lit".
Quatrième de couverture, torticoli, mon oreiller se prend pour Coeur-de-Lion. Son pourpoint sur ma joue: "Je veux en mourir de cette érosion". Troisième de couverture, encor le doute, la citation de l'auteur qui propose l'émoi purpurin, équestre, alambique marin qui gonfle en silence, la peur, la phrase sempiternelle. Qu'osai-je? Le mal? Le corps? L'envie?
La solitude est un brin de folie nécessaire
Chez le maître du silence
Qu'il encaisse un peu d'aisance
De ce délire sans son
Pour en résumer l'acte
À la masse éperdue, florilège.
Deuxième de couverture, nous achevons d'inventer, la routine s'éveille, la tasse de notre suc commun perd sentence, le fracas de la surprise roussie l'aurore de tes cheveux. Lorsque je serai rendu au point d'existence où gratter ma tête ne sera pas le résultat d'une question autodidacte, je t'acheterai des fleurs et du sucre, pour nourrir les réponses qui sont si simples: J'aime t'aimer en première de couverture.