Voici ce qui fut écrit sur la création du monde:
Parle-toi Majesté des douleurs éclatées
Dont le front sourira en des champs de lumières !
Déjà l’astre est un plomb dérivé des frontières
Qu’aucune âme encor n’eut saisi la fonte athée. Vérité tu t’entends, tu te crées, c’est l’oubli,
Rien ne croit en un Dieu capable d’un tel crime
D’inventer l’idée chère : Espace ambrée, ô cime !
Une ombre élevée là comme un dos dans la lie.
Tu te bois, triste Vin ! Mais que de larmes rouges
Se parfilent en rang sur la toile des toiles !
Que peux faire la langue auscultée d’une étoile
Ivre sans vrai désir car désir ne se bouge ?
Le Désir, tu te vois et la Beauté miroite
De la chair magnifiée des sourires cousus,
Pullulant et Bonheur sont de sombres pendus
À la corde du rêve épanchée à ta droite.
Mais l’abstraction oblige en les termes trop lourds,
Dominant tout le ciel, tant de balles d’alcôve ;
Les axiomes félins se redressent, se lovent
Pour s’écraser soudain au premier mot : « Amour ».
Le chat d’agate épris de ce mot si fragile
Le cogne à cette ouate éparpillée, bien fraîche,
Et des sons courageux, et d’autres rythmes rêches
Se lancent à la course esquissée et agile.
Tu te joues, la Musique, et prenant instruments
Dans le cœur des couleurs comme pluies cristallines,
Tu découpes Foulée, les frontières félines
En d’avinés projets dont les corps sont Enfants.
Ils apprennent le rire et oublient la fatigue
En ne louant au temps qu’une ébauche d’un monde.
Trois chérubins baignées dans l’oreille qui gronde
Sous le marteau jaseur dont le coup est leur guide.
Enfant premier, Ophia ! Perle de la marine !
Dont les yeux se marient aux neiges si fondantes,
Tu trouveras l’amour au sein du dilettante
Submergé sans un bruit en la vague de Chine !
Enfant suivant, Toumè ! Gypse des terres brunes !
Ta chaleur opère à jamais les végétaux
Dont l’air devient vital à ton corps, sang et os ;
Tes mains tiennent l’Afrique, ses cyanosées lunes !
Et l’enfant final, Pronzch ! dont l’amour n’est visible,
Tu causeras la mort et le vertige étrange
À des bêtes, l’Humain, à des fautes, les Anges,
Et ton cœur est la note éperdue et sans cible.
[...]
Lorsque j’écris mon nom, j’ai l’impression de voir
Un autre que celui qui tiendrait cette plume
En offrande des Dieux, le marteau des enclumes,
De ce rythme infini que je cherche à avoir.
Lorsque j’écris ton nom, j’ai l’impression d’aimer
En un autre état d’être et ma vie semble naître
Même si mon corps est déjà né, je crois n’être
Que le vœu qui, jamais, semble être souhaité.
[...]