dimanche 4 février 2007

Le Néo-Nazir

Tout d'abord, il n'est pas nécessairement conseillé de reluquer, par exemple, avec avidité le chapitre de Samson dans le livre des Juges pour nous représenter l'ancien Nazir et ce qu'il représente vraiment comme symbole dans la gloire de Yahvé. Mais ce qui peut devenir intéressant, est de s'attarder sur la continuité d'un tel chapitre humain dans le folklore qui est devenu notre propre société contemporaine - bon... Je vais dire tout de suite que je pense vraiment être dans une société historique, c'est à dire qui se parle à elle même en déclarant tout de suite aussi qu'elle est trop plate pour qu'une autre époque s'attarde sur elle - .

Brièvement, nous pouvons affirmer que le Nazir est un être choisi par Dieu pour conduire sa parole - parallèlement aux prophètes ou aux juges - et d'ailleurs ce qui est passionnant d'eux, est l'autre parallèle quant au voeu du "non-vigne", puis-je dire, et du "non-laconisme-des-cheveux". Je donnerais un frein tout de suite à l'idée que le vin est une erreur dans le développement du Néo-Nazir. En fait, l'avinement est conseillé. L'ivresse est peut-être déconseillé pour certains êtres car semble-t-il, il est d'avant-garde de couper les cheveux à nos confrères éthylés. Mais comme le Néo-Nazir est un chemin de chair pour Dieu, il s'entoure invariablement d'êtres doués de la "Bonne ivresse", soit une simple nostalgie saupoudrée de morosité. Deuxièmement, le Néo-Nazir n'est plus doué d'une force herculéenne. En fait, il délaisse le culte de la force pour le culte de l'allure - qui le conduira invariablement à la confiance -.

Le Néo-Nazir porte des lunettes de sécurité pendant qu'il travaille, il se tient loin des colonnes et des Dalilah - autant fleurs que hem... - et ne se terrorise pas des voeux incessants quant aux dons secrets de sa force de vivre. En fait, il éprouve une plus grande affliction à se demander la raison de son chemin que l'insubordination de ses compères. Il se perfectionne musicalement, délaisse les nombres et la chefferie. Bisexuel, il consume son allure en des ponts dada et californiens au lieu de barrages philistins. Imperceptible au premier regard, il demeure souvent la dernière image de certaines chairs, une pression sur un doigt par le revers d'une cuiller, l'ongle qui pousse vers l'intérieur ; tout un message violet et coruscant au dextre du ":".

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