mercredi 23 janvier 2008

TES POIGNETS

Au ouï-dire des gens se taire en la forêt
Une poupée sans nom avec un cran d’arrêt :
Lorsque fulmine une âme en quête de passé,
Elle entame sa lame aux rivières rincées ;
Son portrait gisant là, dans du lait rouge et blanc,
L’aucune âme se sauve et en l’arrière plan
Toute geisha s’écorche en forme de boulot ;
La caroncule pâle au désordre des maux.

Des armées de cigales préfèrent les blondes
Et assènent en ailes le front des facondes :
« Parle, Poupée, chère ! Que tu scandes ton titre ! »
Mais le silence opère aussi bien que ses litres
En pleurs de rosées, oui, jolies larmes de craie
Et sa poudre à canon enleva aux forêts
Tout médire au soir clair de ce qui fout la frousse :
Rien n’est plus fatal, non, qu’une poupée trop rousse !

Mais je n’ai de leur peur qui poussa, moi témoin,
Cette route sous l’arche d’un pied mal en point.
Ni de curiosité, ni d’amabilité,
Mon constat n’est pas fait pour réhabiliter.
Même aveugle, je puis retrouver cette trace
Que la bête de vitre oublia de sa face :
Des domaines d’effluves, les métallifères
Rouillés au sang rayé du ciel et de l’enfer.

Il parait que l’on hume inconsciemment l’Autre,
Chaque odeur est jumelle ou Messie sans apôtre
Apportant le dessein des amours-filigranes :
J’ai senti tes poignets se meurtrir sous les mânes.
Les globules en fleur, d’estafette, obéirent,
Molestèrent ton air en éclats de leurs rires.
Porcelaine trop lourde, obéit à ma voix,
Renonce au comble noir et retrouve ta voie.

Me sentirais-tu comme je te retrouvai ?
Garderais-tu toujours mes poèmes voués ?
Partirais-tu un jour avec moi, au périple
Des romances sans nom, comme toi sans disciple ?
Car je tuerais les blondes, les noires, les brunes…
Aucune n’est plus belle que toi, non, aucune !
N’est folie que parler de la Femme sans faille :
Je préfère te voir les cheveux en bataille !

Naître au roux de ton astre et mourir chaque jour
Comme l’orée des bois qui t’accepte au séjour :
Boulots blancs ! Jambes tendres ! Bras se défilant
Et les caresses neutres de ce défit lent.
Odieuse portée ! Je te comble en ma mire
De ce que l’Autre feint caché au cachemire.
O carouge, O lys vert !
Je te perds sans t’avoir,
Laisse moi donc au moins à ta rivière boire.

Sur mes lèvres s’épuise un chant d’encre, un champ d’or,
Tout ton sang que j’ai bu en me tordant d’essor :
L’aile gauche poussa vers trois heures moins dix,
L’autre encor attend que je revienne aux alysses.
Mais m’est fleur que pour toi, mais m’est moi qu’aujourd’hui
Que pour mordre les bois, et du pleur cognant l’huis
Aux arches de ce ciel pareil à mon vieux pied :
Il a mal à courir sur ta folle Beauté !

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