mardi 27 mars 2007

Vertuchou!

7h53: Lueur ténébreuse, et spasme oriférant, je viens de me rendre compte que les trois dernières femmes pour lesquelles je suis tombé ont été, sont, ou seront photographes.... De plus, j'ai eu ce flash - désolé... - en jouant une vieille chanson qui s'appelle la photographe:


Dans vos malices devenues hâves
Chère lentille d’Orion
Sur le sujet des horions
Se cachent des chamois qui bavent

Des prairies sous-marines tant
Elles contrastent les austères
Prisons glauques dans les zostères
Qui s’amoncellent, marinant

Toutes les guerres de l’art huitième
Vous voyagez jusqu’en Afrique
Hissez les voiles, huiles et triques
Votre éléis en plongée s’aime

Tout s’aime et respire les ponts
Vêtus d’élans de carrière
Brisez les pleurs car hier
Nous changeâmes vos pleurs en sons

Toute l’Afrique se noya
Dedans les fleuves de l’iris
Nous perçûmes de votre hybris
Jusqu’à la coque de l’ixia

Tu vis les animaux si beaux
Les chutes d’eau jamais en gel
Mangeant des gâteaux de nigelles
Dormant au sein des bonobos

Si la photographie me boxe
Je plonge d’une fièvre nulle
N’allant en feu, n’allant en bulle
Sous le courroux de la stomoxe

Et si la lune tombe d’ivoire
Sur les côtes de ton nom
L’Afrique aura sur son front
Des zorilles d’or semant ta gloire

Je ne suis qu’un superwelter
Avec des gants nankins, tu vois
Le continent devint sans voix
Chaos au premier round ; à terre

Elle participe à l’Orient
Mon cœur pour elle est tout un stol
Quittant les limites du sol
D’un spasme gêné et riant

Elle rapporta pandas, les taches
Des mourons d’eau, des nèfles rousses
Comme si ses mains portaient des trousses
Au secours de l’Asie moustaches

Sa sangle au cou, une trace rouge
Son dos couvert de treize moxas
L’avion s’occise de l’avant-bras
D’un nuage né ; ta joue qui bouge

Sur les rues de filoselles
Autour des canevas de Shanghai
Une bombe à l’œil ; une gousse d’ail
Perdue en poche ; trouée en aile

Ma mie nous ramène des tempes
Je dirais hapax ; sa beauté
Quadryptique de gouache et de thé
Valant son œuvre telle l’estampe

D’une marche vers l’Amérique
Supputation et oxymore
Elle, à ses pieds, laisse les maures
Bouger sans plus leurs mimiques

Quittant l’Asie et l’Orient
Portant l’appareil orgueilleux
Comme un bijou bien merveilleux
Comme un fauvisme mariant

Toutes nues ; sables marengo
Tissant des toiles d’eau et d’air
Sur les cactus solaires
Elle se nomme sans ego

Douce dryade ! Pétale doux !
Mangée par ciel et chaleur folle
Courrant sa rose qui s’étiole
Sur les fesses des nandous

Buvant d’un trait l’autre océan
Venant en Espagne d’une main
Sa paume reflète les lendemains
Jamais venus, jamais venants

Quand aux vitesses de l’escopette
Je parle d’une telle arme à feu
Quand elle tire, l’âge s’est fait feue
Se renoue d’une candeur nette

Blanches toiles ! Que l’on n’appelle
Point les deux index de tir
Âme photo ; l’alors et l’ire
Le soldat fier tue des napels

Tu ne prends que de cette Espagne
L’étrange pantin funiculaire
L’air d’un soldat aux raisons claires
Sacoche lourde ; moins que montagne

Alpes et fjords ; que vos chéris
Se cachent dessous vos cheveux
Pour s’amouracher de vous mieux
Guide tes yeux aux vauchéries

Les algues se font terre nouvelle
L’Égypte se rie de l’exode
Quand à la même vieille ixode
Elle dort au chien de Cybèle

Nous fîmes tour de ce monde rond
Fidèle à l’oaristys ; l’idylle
Sur le décor de vos cils
S’invente tout un faux-bourdon

Et si de mes supinations
Si de mes mains lors d’étrenne
Je ne vous songe devenir reine
Des phototaxies papillons

Si je change le « tu » pour « vous »
Et que les ormeaux se déchaînent
Sur les langues des étrennes
Et si, par dieu, je vous avoue

Que chaque mot ne reste seul ;
Accompagné d’un peu de vous
Que si, par chance, je peux debout
Prouver l’absence d’un linceul

Si j'eus changé le « tu » pour « vous »
Et que vous prissiez des photos
J’ai, sans y penser, quelques mots
Aux mêmes dents, aux mêmes joues

L’on pourra dire des heures mates
Emprises au cœur d’amadous
Mon cœur prend feu si près de vous
Que l’on peut parler de stomates


Pleins d'accords compliqués et sans fin... :P

dimanche 18 mars 2007

Roman inachevé pour cause d'attachement

I

Gavé d’insultes, Kortez lâcha prise comme on lâche un trapèze. Il avait bu quelques bouteilles et elles étaient encore à rouler au fond du filet protecteur quand son corps toucha les mailles dans un son sourd d’eau ruisselante. Sa bouche, sous le tartre blanc de son maquillage poivré, expira un instant le stress des heures d’entraînement, il posa de chaque côté de son corps chacune de ses mains et en un bond difficile refit surface, debout, l’air blanc tournoyant autour de sa tête comme des satellites acres. Étourdi des cris et des supinations que Baldom lui assenaient, chaque pronation fut comme un autre couteau d’huile sur son torse déjà trop brûlé du travail. J’en ai assez, dit-il à Baldom. Mes mains glissent, chaque fois que je tente de faire le saut, le barreau se dédouble et je ne fais plus les distances sur mon œil. L’entraîneur savait bien que les ampoules qui roulaient sur le filet furent entreprises par la gorge seule de Kortez, que son dédoublement n’était qu’une autre lubie de son foie malade et que malgré son jeune âge, il ne pouvait comme électuaire, que retraiter de l’art clownesque.

Dans son petit appartement, Kortez conservait jalousement chaque fiole, chaque capsule, chaque étape de son enivrement comme des trophées sur sa commode. Placées une derrière l’autre, donnant des teintes perplexes à la lumière du jour qui séjournait au travers du verre, elles longeaient le mur près de la porte, et chaque fois qu’il sortait ou entrait, on entendait de loin ce vacarme froid, entraînant sa turpitude comme une histoire sans fin. La tapisserie olivine qui décollait par endroits ne faisait qu’accroître la maladie du dormeur. Cette même tapisserie qui avait pourtant était témoin de tant de sourires et de tant de chansons, de tant de jolis vers entrecroisées d’amitiés coruscantes, elle ne faisait plus que décoller et sentir la colle chaude ; des filets jaunes s’étoilant pour ne soutenir rien, que l’invisibilité d’un doux sabordage lent et inconscient.

Saute ! Saute dis-je ! Qu’est-ce qui te prend ? Cette voix fluette poussée par Ève-Marie fut comme un choc dans le cœur de Kortez quand il commençait à s’endormir au grand fil de fer. Il n’avait pas entendu cette voix depuis plusieurs années, une voix aussi miraculeuse qu’un barbule sur l’aile des hérons, attachant des morceaux d’arc-en-ciel en passant sous l’Alliance divine. Sa tonalité crevée de petits rires, comme des dictées trouées, et devançant l’heur du plaisir. Il commença à badiner, et germer des rictus sur sa peau d’écorce blanche, sa coque craquant et le rouge se déversant en fluides narquois. Les pleurs dans sa bouche gouttaient la mer, des poissons-souvenirs remontant le courant électrique de son cerveau, et finalement lui dictant surprises. Oh ! Kortez ! Je suis revenue ! Ne reste pas perchée là-haut comme une croche, et vient me voir !

Ève-Marie était la benjamine de la famille Baldom et cela faisait plusieurs années qu’elle avait entreprit un voyage vers la ville. N’espérant revenir qu’avec un mari des Grands Bouquins, elle dut renoncer à un tel rêve de mécénat pour sa famille et pour le cirque. La compagnie Grands Bouquins est en effet la plus grande, et internationale, assemblée de mécènes du cirque de la grande ville. Elle s’étend même jusqu’aux rivières des villages et aux faîtes du Mont Guépard. Reportant la mauvaise nouvelle à sa famille, Ève-Marie rapporta tout de même des échantillons de la grande ville : quelques roches saupoudrées de l’humus des roues, le son du midi prisonnier d’une bouteille, une bougie sans teint, un cœur d’arbre d’où s’étaient incrustés des chiffres. Dans son sac, on pouvait voir tout cela et bien davantage. Elle déposa le bataclan sur le sol et prit Kortez dans ses bras et lui montra son affection qui s’était multipliée avec le temps et la distance. Il laissa un jet de blanc et de rouge sur la joue de Ève-Marie en l’embrassant. Ils se retrouvèrent dans son petit appartement, lui à se démaquiller devant son miroir et elle à jeter des yeux sur les bouteilles qui semblaient pulluler avec marque sur la commode. Elles commencent à prendre plus de place que l’air ma foi ! Dit-elle. Kortez ne fit que quelques balbutiements, laissant succomber son fard aux ironies du visage. Quand elle passa devant le miroir, Kortez la regarda un instant, inversant sa beauté en son regard et en la glace, la nommant Marie-Ève.

Comment m’as-tu appelé? Dit-elle en revenant vers lui, une bouteille en main. Je t’ai appelé Ève-Marie, pourquoi? Kortez ne comprenait pas ce qu’elle disait alors pensa qu’elle voulait savoir ce que cette bouteille contenait. Car l’on doit savoir que Kortez ne garde pas simplement ses « trophées » pour le souvenir ou l’étiquette, mais bien parce que chacune d’entre elles conserve quelque chose de distinct, d’unique. En lui donnant la bouteille, à peine ouvrant la bouche, il l’interrompit : Tu ne comprends pas ! Par exemple, dans icelle, il se trouve la mémoire de la grande soirée du 23 lorsque j’eus réussi mon saut du trapèze rouge et que j’eus dansé avec la blonde de la rangée B. Tu te souviens d’elle ? Ève-Marie n’eut le temps de dire quoi que ce soit qu’il continua : Et je dansais avec elle et je prenais sa main, je sentais ses cheveux. Elle avait les cheveux bouclés seulement vers l’avant, sa nuque était visible et ses cheveux relevés se décimaient comme une chute d’eau dans la valse. Tout le monde riait, je m’enivrais encor plus grâce aux rires des autres. Les rires de satisfaction, de ludique jalousie. Je changeais perpétuellement avec elle ; je menais, elle menait, etc. Les mains se combattaient comme des lions de bois sur des grilles. Ève-Marie ne put que le stopper avec un geste de sa propre main pour finalement savoir ce qui peut bien être tributaire de cette soirée dans la bouteille. Il fit un sourire avec le reste de vermeil qu’il avait sur la lippe : l’ivresse. Cette bouteille m’a donné exactement l’enivrement de cette soirée, et aucune d’entre ses pairs n’a fait de la sorte.

Le vieux Baldom réunissait les derniers attirails avant l’ouverture du spectacle. Nous étions le 2 du troisième mois. Prenant une par une les coudées monochromes serpentant le sable lourd, entourant chaque nœud à l’entour de son épaule gauche, saluant les artistes qui, se conciliant, marquaient comme un fer chaud sur la cire des éclats, de rebout, comme un début de soirée qui croque, de l’atmosphère qui louvoie. Je ne le comprendrai jamais! Dit-il au négrille qui commençait à l’aider dans les derniers processus. Il monte la corde raide comme un radis vert, les paumes sans le sou, le pied si plat que la mer rouge, noire et morte font une trine sous ses pas ; pourquoi Kortez ne place jamais le filet? Il pense peut-être que je suis son sauveur? Son père? Le dernier idiot sur qui il peut compter pour jouer dans son jeu de la mort? En entendant Baldom parler ainsi, le négrille se pencha doucement vers le sable glacé, toujours perlé des cloches, de l’écho du théâtre. Comme si l’on pouvait porter l’oreille vers les grains, entendre une locomotion du passé, un ami disparu, un cher kyste enfantin. Mais parfois, la tempe s’approche du sol, les germes du sable cachant un perce-oreille tombe vers le haut, si près de nous, nous à vouloir comprendre le silence du présent, l’écho du passé. Des milliers de petits Mont Guépard s’offraient à la vue du négrille, saupoudrant l’horizon de son iris comme on saupoudre un met colossal. Qu’attends-tu Gyu? Prends ces cordes, rame jusqu’à Kortez, je veux vous voir tous les deux près du grand trapèze dans dix minutes, dix minutes, puis le grand Rouge.

Tu vois Ève-Marie, continuait Kortez, l’alcool ne permet pas seulement la simplicité de la bête blanche, celle qui se taire aux aimants du feu, lovée dans l’incrustation, attendant le crime du deuil d’où l’océan naturel vient frapper les parois factices de l’homme ; elle, plutôt, permet, et cela est son rôle direct et sincère, de générer des larmes non pas tacites mais bien que l’on n’aurait pu succomber à. Comment pourrais-je dire? Elle se leva sans attendre la suite de cette églogue, remit la bouteille à sa place, elle s’ennuyait de la ville, de la légèreté du Citadin. Pendant son voyage, elle ne put convaincre les Grands Bouquins, mais elle connût une liesse inversée ; celle qui ne veille pas dans la vérité mais bien dans le mensonge et l’orgueil, et pourtant, ce paradoxe volatile la faisait fondre en doute devant la lourdeur de Kortez. Elle regarda longuement vers la droite, l’arcade gauche en l’air, sa peau et son front plissés, en des formes de plastique, ou de sucre fondu, de la roche jaune durcissant tendrement près des enclaves et des socles ; que dire? Son front montait sans parole, son front ne suivant pas le regard, le regard ne propulsant aucune pensée, soudain, fermant yeux, puis rouvrant vite, et bien, fixant déjà avant l’éclosion, le sujet de son idée, l’idée ne suivant pas la ligne de son front. Je ne veux pas vivre dans la pesanteur, l’engourdissement, Kortez, je ne puis rien faire de plus.



II

En ouvrant le premier œil, se débarrassant très vite des graines occluses en gestes répétitifs et inutiles, Kortez renvoyaient des regards vifs vers le haut, sans bouger le cou, méprisant amicalement les mèches bouclées qui titubaient, pyramidales, vers le bas. Il s’était assoupi, le maquillage toujours joint à sa peau quelque peu flasque ; il ferma les yeux, rétabli sa mer de joues vers l’oreiller, son revers de main posée comme on pose une plante dans un pot, jardinant les vénustés de son aparté illogique, mais pourtant, cela ne dura guère, le négrille en trombe, pompant du sang comme de l’eau dans des gestes et des clameurs diurnes : le spectacle… Baldom… Le grand Rouge! Il partit aussitôt, laissant Kortez dans un mutisme absurde, se foutant jovialement de ce genre de protocoles. En parlant tout bas dans son barbouillage, deux chats, dont les poils, remplis de sable, cheminaient des nuages pouffés, firent apparition sans le bruit près des pieds en cloques. L’un dansaient comme on escalade de la poussière, l’autre sautant au plus vite près du dos de Kortez, les griffes affinées, le regard d’un vert tisane, miaulant des silences, des béguins de chaleur. Deux chattes devrait-on plutôt dire. Où est-elle? pouffa-t-il lui-même entre les lignes distinctes de son fard, le négrille a dû lui faire faire ses valises pour retourner en ville. Elle doit de suite, en ce moment, mettre son gilet noir aux manches étroites près de ses bas filets rosés ; amasser sa chambre, s’attendre loin de ce qu’elle a peur, témoigner de sa propre fierté d’indépendance, alarmée pourtant des possibilités, des éventualités, que dire… Des potentielles flores d’une vie aussi nomade. Mais la flore ne craint que le faune.

lundi 12 mars 2007

St Patrick

Le simple trèfle ou les cheveux vert?... hum.... Baudelaire, t'es swagger...

samedi 3 mars 2007

Lingual

Je pense que Roméo au Laboratoire est un ancien sage bouddhiste.