dimanche 30 décembre 2007

top 10

Meilleurs albums québécois:

1. Exit (Jean Leloup)
2. L'heptade (Harmonium)
3. Quatre saisons dans le désordre (Daniel Bélanger)
4. Québec Love (Robert Charlebois)
5. La patente (Daniel Boucher)
6. La forêt des mal-aimés (Pierre Lapointe)
7. Non stop (We are wolves)
8. Beau Dommage (Beau Dommage)
9. Aquanaute (Ariane Moffatt)
10. Concrete Igloo (Dandi Wind)

vendredi 28 décembre 2007

Édit

Je ne commencerai jamais aucun texte en te nommant, mon amour, ou jugeant avec envol de ma capacité lyrique. Le seul encol, le seul pli qui sortira de cette bouche amenuie sera le voyage d'une étoile éteinte, pour cause d'enlèvement. Ce kidnapping héréditaire qui, dans ma vie, m'eut été des rigoles sans valeur, des passions sans voiture, tout un lac assoifé d'éclairs naturels.

Ne te commençant, la bougie sur le nez, m'éternuant le doute au champ d'elle, poivrant l'horizon de potages sans soupçon de vérité, tu délieras la langue de mon texte, sans réponse, vers l'angoisse du non-dit.

Belles amours sans passion!
O mes mères fortuites!
Que s'évapore, que se condamne
Mes rites réalistes, ma peur d'utopie!
Et le sang sous l'aile roule en sueur
Comme on boit l'amertume: Avec la langue du désir.

Nous pouvons l'avouer avec l'oeuvre ateinte, le poëte animé n'est que l'arme sans tranchant d'une bataille déjà passée. Les tourments sont difficiles à vivre mais si simples à cacher, propulsés en coups de masse vers le rayon unique d'un soleil avoisinant. Et l'on parle, et l'on parle, sans écrire, songeant que le soliloque physique avec la chair de l'autre est un massage essentiel, qu'il bénit la morosité de la solitude. Mais le flanc des femmes n'est pas seulement qu'un bain pour les oiseaux alcooliques ; il est aussi le cercle ouvert, métallique, s'encombrant d'une eau bénite, d'un miroir pour le sexe, et pour le visage de la honte.

N'est heureux que le sot
Qui ne baigne son désir
Qu'au flanc des vanités savoureuses.

C'est par contre inexact que je renie l'apréciation de ta chair. Cela propose en mes temporalités l'acceptation de mon autisme avantageux: Tout poëte est autiste, n'est que femme pour juger de ce mensonge.

Et l'on songe, l'on songe, en démense, au résultat des hasards de l'amour. Quel est ce rôle dialogal qui insiste tant à repenser? L'histoire est écrite, réécrite, l'on vient et revient entre nos cris... Mais tout est oublié lorsque le nouveau gémissement engorge la mémoire. l'histoire de la honte, l'histoire de mon corps ne s'écrira jamais. Elle s'est effacée d'oreste en plongeant queqlues instants dans ton sein.

Et je songe, et je songe
En démense
À respecter ce corps sans écriture
Ne s'armant qeu d'un glaive trop en vie
S'amenant d'impossible.

Ce dédale est subtil, évidemment, ça ne se chante, ça ne se chausse, ça ne fait que s'épuiser. Alors je penserai à t'ajouter quelques véraisons sentimentales à ce texte massacré. Des feuilles de vignes, des gousses de miel, du timbre de clef, chaque saison pour un membre valgus. Que désires-tu? Des bombes d'amitié? Je fournirais des guerres d'amour, de longues siestes chaudes à ton coeur délectable ; en gestes si lents, le temps finirait par croire que je veux te faire fondre les cheveux en faïence précieuse... Caressés, ta nuque, tes pieds, la lippe, la cuisse dextre, celle qui crépite aux cloches de la nuit. Glauque épave que ton corps, un navire de chair gloussant son bois d'oeuvre, ses fourrures sauvages, ses matelots balbutiant:

"Hécatombe ! Hécatombe !
Deux amours ! Deux amours !
Abordage à bord d'âge !"

Si tu n'est pas contente, si l'aspect grec de la danse, de l'hexamètre ne te conduit qu'en déroute, eh bien, je fermerai l'encre en portes de pluie. Les valves en épitre, n'ayant pu s'engendrer que les briques liquides de mon fleuve déréel. Que valse le refus, le refus dis-je aussi piètre que l'égo ou l'orgueil. Écrasant ton m'Égo au cendrier de mon oeil, je ne cesse de voir les cendres du désir, s'attisant entre elles, se nargant de la moralité. Que veux-tu?

"Je t'aime ou tu m'allumes?"
Les fièvres que nous lumes
À l'aisselle du pardon
N'est qu'un globe partiel:
Une demi sphère qui s'ellipse
Sans crier gare.

Tout ça casse, ne s'est cassé, continue à mentir par le torse en cristal. Je te vois de travers, par dessus l'esplanade: C'est l'horizon aviné, trahi, je te veux, galbe! Mais je te veux, port! Arrime à moi l'étendue de ta gêne envers l'humanité, que nus philosophions sexuellement au livre nommé "Lit".

Quatrième de couverture, torticoli, mon oreiller se prend pour Coeur-de-Lion. Son pourpoint sur ma joue: "Je veux en mourir de cette érosion". Troisième de couverture, encor le doute, la citation de l'auteur qui propose l'émoi purpurin, équestre, alambique marin qui gonfle en silence, la peur, la phrase sempiternelle. Qu'osai-je? Le mal? Le corps? L'envie?

La solitude est un brin de folie nécessaire
Chez le maître du silence
Qu'il encaisse un peu d'aisance
De ce délire sans son
Pour en résumer l'acte
À la masse éperdue, florilège.

Deuxième de couverture, nous achevons d'inventer, la routine s'éveille, la tasse de notre suc commun perd sentence, le fracas de la surprise roussie l'aurore de tes cheveux. Lorsque je serai rendu au point d'existence où gratter ma tête ne sera pas le résultat d'une question autodidacte, je t'acheterai des fleurs et du sucre, pour nourrir les réponses qui sont si simples: J'aime t'aimer en première de couverture.

mardi 18 décembre 2007

Top 10

Nouvelle rubrique inutile. Aujourd'hui, mes dix chansons d'amour préférées (au fait, la liste change à chaque jour) ...

1. I will (The Beatles)
2. Voilà (Jean Leloup)
3. Les deux printemps (Daniel Bélanger)
4. Unchained melody (Percy Sledge)
5. Embrasse-les tous (Georges Brassens)
6. Little girl (Death from above)
7. Doux (Gilles Vigneault)
8. Symptom of the universe (Black Sabbath)
9. Without love (Tom Jones)
10. Tu es jolie (Charles Trenet)


[...]


2h51: L'odeur du café comme ta gorge, deux princes de l'éveil qui excitent mon ennui.

lundi 10 décembre 2007

Démarche de la tête vers le 450

La seule envie qu’il eut au moment de sortir de l’immeuble était d’entasser deux lunettes fumées sur ses yeux flétris. Toute la nuit fut hors de prix, et son regard ne pouvait se rendre au pas de la porte. Il chercha quelques instants à l’intérieur de son capot pour les dignes lunettes mais ne trouva que monnaie usagée, gant unique, clefs. Alors, sans montre, ne sachant l’heure que sur la lumière qui zigzaguait sur les escaliers des flocons d’une tempête infinie, il régla sa marche comme un œil qui ne cligne pas, visant les marches du froid avec l’instinct du chasseur de véhicule. Ne portant aucun nom, que la danse mémorielle qui soufflait dans son cou, ou qui vérifiait son cœur tel un organe émérite ; de plus, ce cœur qui venait d’arrimer aux anges d’un palais de plâtre, que les ailes tremblaient sans avertir, il venait d’ores d’arriver d’un vol gothique ; mais pourquoi ne pas penser ? Pourquoi freiner l’élan du cœur ? Serais-ce en somme un dogme du refus global que son pays intérieur redoutait ? Les femmes en général qui d’ailleurs ne lui conçurent jamais aucune gloire d’indépendance voire de paysage, d’urne aux multiples choix. Les femmes de sa vie n’étant que des feutres sur les yeux, et de ce fait, il regagnait avec des yeux nouveaux le métro en étant lumière sans la neige, qu’un escalier sans le flocon unique, qu’un véhicule nouvelliste aux urnes de la surprise affective.

Assis ou plié sur un banc du wagon, sa réflexion fortuite, inaccessible, encrée comme crache le monde sous-marin sous les coques, il touchait ses tempes, puis ses bottes, ses tempes, ses bottes, ses clefs, et sans avertir, échappa ses yeux vers l’arrière, regardant son souvenir comme une fenêtre ou une chanson sans voix : la harpe clairsemait le visage de Madame Trois-étoiles, chaque note en canon ou en arbre bûchant ou tonnant la tempe gauche d’éclats de plâtre, blanchissant son linge mental pour fournir aux nu de la pensée des couleurs délavées, impressionnistes, de la beauté rincée, collée de farine et d’eau de puits. Les mains caressant une peau infinie, les labeurs du voyage en métro dérogeaient ne semblaient que de vaines escapades, les gens que des témoins de l’énigme. Que pensez-vous ? La vie surprend comme un cœur est une poulie : Retient ou relâche… Mais ne remonte jamais. Voilà justement le travail de son sourire, de ces dents d’émail, de ces quadrilatères en colliers qui claquent mi-précieusement, et lorsque sa lippe épuise un dernier baiser, l’on voit comment l’hiver peut ne pas se sentir.

Il resta consterné, plein d’espoir, au sein de Longueuil, fumant son cigare, déportant de ses lèvres la remémoration veloutée de ses lèvres à elle. La harpe en bouche, le désir profond de goûter à nouveau aux transgressions qu’une athée peut bien vouloir fournir sans s’en rendre vraiment compte.

dimanche 2 décembre 2007

Rien en novembre

Malgré le néant qui lit ces lignes et le manque flagrant de sentiment exutoire à écrire sur ce blogue, je n'ai pas l'envie de m'en défaire. Comme si le partage de quelques songes dans un "parfois" pouvait subvenir au dessein de l'existence de ce portail.

11h04: Lapsus MSNesque d'aujourd'hui: "ahhh ton sourire éternet"

Quitté-j'ai mon emploi dans un bond éthylique, et, ou ; de ce fait, d'ores, j'employai ce contraste prolétaire comme un long questionnement de trois mois. Comme disait Félix, pour tuer un homme, nous n'avons qu'à lui enlever son travail. Mais pour tuer un esprit, ou plutôt enivrer sa vacuité, n'est-ce pas un moyen parfait que de lui enchaîner une routine? Routine qui d'ailleurs est dépendante du chaînon manquant de notre société, ce point hirsute dans un cou sans ombre qui s'illustre aux arbres avec la scie émaillée: Mère Argent... Voilà à peine deux jours sans travail et je scande aux révolutions, aux anarchies.

11h08: bon.. calmons-nous. Je crois avoir une certaine maturité nouvelle pour exprimer l'obligation qui m'habite à devoir trouver un emploi dans un temps raisonnable. Mais ne puis-je pas, sans devoir subir l'ire des autres, contempler une certaine liesse de mon chômage amaurose?

J'ai fait des pâtes. Cela fut juste et bon. Adieu Père Eau, je ne veux que les contes de Mère l'Oie ; jalousie de l'oeuf, pénétration des sauces, et si je puis m'exprimer sans rien comprendre aux machines sans mains, le trois minutes d'avertissement mélangé aux guitares de Leloup et de cette eau bouillante, salée, miroitant mon sourire iconoclaste, je devrais surement passer mon oreille en pâte Fil-o....